21 janvier 2009
Barack Obama's Inauguration Ceremony
Hier, outre le retour de mon frère d'Amérique, un évènement important s'est déroulé dans ma vie, dans nos vies, dans la vie de millions de gens outre Atlantique et ailleurs. Barack Obama a été investi 44ème Président des Etats-Unis. J'ai suivi la cérémonie sur CNN, en anglais "original".
La cérémonie, lourde en protocole, peut paraître superficielle et artificielle, mais elle était surtout chargée de symboles cette fois-ci, car Barack Obama est le premier Président noir des Etats-Unis.
Aussi n'ai-je pu m'empêcher de frissonner d'émotion voir de laisser une ou deux larmichettes poindre quand j'ai vu la foule qui se pressait au pied du Capitol, quand Aretha Franklin a commencé à chanter, et surtout quand Obama a pris serment sur la Bible.
Les sermons délivrés par deux prêtres, avant et après la prise de serment, ont eu beau être fort emprunt de religion (en même temps c'est normal), je n'ai pu m'empêcher d'être ému, surtout par le deuxième, délivré par le Reverend Lowery, qui portait cette teinte de "Yes we did !", qui rapellait le combat des Droits Civiques dans les années 1960. Le lendemain du Martin Luther King's Day, Barack Obama est investi Président. Là encore on pourrait dire que les américains ne lésinent pas sur les symboles, et pourtant c'est un hasard du calendrier puisque Barack Obama est loin d'être le premier à avoir été investi un 20 janvier.
Je n'ai pas pu m'empêcher, comme des milliers d'américains, de penser à ce que les deux nouvelles "first daughters of America", Sasha et Malia, ont pu vivre pendant ces jours qui doivent leur paraître infernaux. Je n'ai pas pu m'empêcher de les trouver mignonnes comme tout, de trouver Michelle Obama encore une fois époustouflante dans sa robe pistache, incroyablement gracieuse, et de trouver Barack Obama encore une fois classe et charmant.
Son discours n'était pas probablement pas le meilleur qu'il ait fait, mais il doit à présent oublier la véhémence du candidat pour adopter la "neutralité" et la prestance du Président. Difficile exercice que de livrer un discours en 20 minutes qui puisse réaffirmer tout ce qu'il a défendu en tant que candidat tout en étant à présent un Président qui se doit de refléter l'état de son pays et de prendre les bonnes décisions.
J'ai en tout cas eu l'impression comme beaucoup de vivre un moment historique. Deux jours avant mon anniversaire, Barack Obama était élu Président. Voilà qu'il est investi et je me sens particulièrement honorée et chanceuse d'avoir pu suivre cet évènement. Je pourrais dire que je l'ai vécu, même à travers un écran, même avec un océan qui me sépare du centre névralgique du monde.
Je m'attelle dès à présent à la traduction du discours, par pur plaisir (et aussi parce que je m'ennuie).
06 mai 2008
Il y a un an...
Il y a un an j'écoutais à fond les chansons de Bhalle Bacce Crew, Keny Arkana ou encore les Wampas en essayant de retenir tant bien que mal mon irrépréssible envie de m'sauver en courant. Il y a un an j'écrivais ceci :
Consternant. Désolant. Honteux. la République la France.
Voilà. Nicolas Sarkozy, président de
Des jeunes qui se révoltent, des voitures brulées dès le premier soir, c'est
pas très malin mais ça donne une idée de ce que ça pourrait donner d'ici 5 ans.
Dans 5 ans, je sortirais de l'IUFM. Je ne suis pas sûre de trouver de boulot,
du coup. Ce cher président prévoie de saboter la fonction publique. Merci
Dan
Comment avoir foi en la politique après cela ? Comment ? la France
J'ai vraiment la rage au coeur quand je pense à cela. Les français l'ont voulu,
Nicolas Sarkozy est là. Il va sauver
L'seul truc qui puisse me consoler c'est que les 18-24 ans ont voté majoritairement Royal, selon Ipsos.
Rien n'a changé. Non, rien. Au quotidien, c'est toujours la même chose, la fac, c'est toujours aussi merdique, les gens continuent à crever de faim dans la rue, les étrangers se font expulser vite fait bien fait, et mes parents ont toujours plus de mal à boucler les fins de mois.
02 avril 2008
Elections étudiantes, opinions politiques et engagement à la fac
Hier avaient lieu les élections étudiantes, qui servent à élire les représentants étudiants au CA (Conseil d'Administration), au CEVU (Conseil de la Vie Etudiante), au CROUS et à la MDE (Maison de l'Etudiant). Comme toujours en jour d'élection, nous avons eu droit à quelques minutes de discours de la part d'un représentant de l'UNEF (je crois d'ailleurs qu'il est le président local) et d'une représentante de la Cé. Il y avait encore deux autres listes, l'UNI et Metz'Etudiants (une liste indépendante), qui ne sont pas venu se "vendre" à nous étudiants.
J'ai écoute attentivement ce que les deux avaient à dire, même si je savais que mon opinion était déjà faite à 80% et que j'avais déjà prévu de voter pour l'UNEF. Je le dis sans "secret" parce que pour moi l'UNEF a toujours été le syndicat étudiant le plus clair et je pense qu'on peut leur faire confiance. De plus, quelques propositions m'intéressaient, comme un demi-tarif étudiant dans les transports et une stabilisation du prix du repas au RU.
Du côté de la Cé, je n'ai lu qu'une vaste opposition à l'UNEF en général. Eux qui prônent l'unité dans les rangs estudiantins, pourquoi ne basent-ils leurs propositions qu'en opposition à l'UNEF ? En gros, leur programme contient trois points : obtenir un référendum sur le blocage à chaque fois qu'un mouvement étudiant s'annonce, une troisième semaine de révisions avant les rattrapages et la pérénnisation de la "mission insertion" de l'université.
En ce qui concerne le blocage, je préfère, c'est vrai, pouvoir aller en cours comme bon me semble même si, pendant la dernière mobilisation, j'étais "le cul entre deux chaises", à moitié avec les grévistes, à moitié contre eux. Je pense qu'instaurer un référendum ne fera que clore le débat sur les moyens d'action. En effet, on a vraiment besoin de repenser les moyens d'action. Que ce soit du côté salariés ou étudiants, je remarque un certain immobilisme syndicaliste en général : les deux seuls moyens d'action sont la grève et le blocage, alors qu'avec un peu d'imagination, on peut faire des tas d'autres choses qui mettraient plus volontiers le citoyen lambda du côté des grévistes. Je pense à des opération péage gratuit, des choses qui rendraient les gens plus sympas à l'égard de gens qui se battent pour leur droit.
Bref.
Nous avons mangé avec notre déléguée de promo hier à midi, et en plein débat "politique" dû aux élections, j'en ai profité pour lui demander comment s'était passé le conseil paritaire de jeudi dernier (je suis déléguée suppléante). En gros, 95% des remarques, doléances, propositions qu'on a données à l'issue d'une réunion entre nous il y a quelques semaines ont été rejetées par les profs. Seule une remarque concernant la mauvaise qualité de la cassette lors de l'examen de langue orale a été retenue, grâce à quelques profs vigilants et sympas qui ont fait remarquer au professeur concerné qu'il y avait bel et bien possibilité de brancher un ordinateur dans l'amphi, ce qui aurait été vachement mieux que de passer une vieille cassette dans un vieux magnétophone.
J'ai l'impression que les profs, malgré leur envie qu'on se batte pour nos droits et pour la qualité de nos études, n'en ont finalement rien à faire. Une demande pour que les bibliographies soient affichés à la fin de l'année qui précède s'est vue balayée par la responsable d'année, une remarque sur le manque de possibilité de voyage à l'étranger a été elle aussi blaqueboulée par un prof qui a fait remarquer que 25 étudiants étaient partis cette année (oui, en tant qu'assistants, pas en tant qu'Erasmus aidés financièrement par la fac). Bref, un découragement total s'empare de nous, pauvres étudiants qui avions eu la sensation d'avoir fait quelque chose de bien à l'issue de cette réunion qu'on avait organisé nous-mêmes.
Un découragement qui est de toute façon le sentiment général à la fac: dès qu'on arrive en première année, on sent qu'on entre dans le royaume de l'individualisme et de la débrouillardise. Moi qui m'intéresse aux conditions de travail, qui aime avec un tant soit peut de contrôle sur le système dans lequel j'évolue, je me sens carrément inutile. A quoi servent les délégués si finalement ce sont les profs qui décident ? A quoi servent les représentants aux CA, CEVU et autres s'ils n'ont pas leur mot à dire ?
Je voulais me présenter en tant que déléguée l'an prochain mais finalement, à quoi cela servira-t-il ? Aurais-je le courage et la force de maintenir mes (nos) positions face à des profs qui, de toute façon, sont eux aussi dépassés par ce qu'ils font ? A quoi ça sert de vouloir changer les choses, ne vaut-il pas mieux faire son petit bonhomme de chemin sans se soucier des pourquoi, des comment ?
Mais alors j'ai comme l'impression que cette possibilité qu'on nous offre en grandissant de devenir citoyens ne sert à rien. J'ai peut-être un peu trop regardé Prison Break dernièrement mais j'ai vraiment l'impression de brasser de l'air. Le pouvoir est aux grands, les petits n'ont rien. Nous sommes encore au bac au sable.
10 mars 2008
Elections municipales et cantonales 2008, 1er tour
Mon deuxième vote en tant que citoyenne a eu lieu hier. J'ai voté pour élire, d'une part, le représentant de mon canton, et d'autre part, une nouvelle liste pour le conseil municipal de mon village et donc un nouveau maire.
Premièrement, au niveau cantonal, le représentant sortant a été réélu à une écrasante majorité. Dans un espoir de changement, je ne vous cache pas que j'ai voté PS mais en y allant un peu à reculons : en y regardant de plus près, les programmes des trois candidats (PS, PC, Sans Etiquette) sont exactement les mêmes.
Deuxièmement, les élections municipales ont eu un double enjeu pour moi car mon père faisait partie de la liste d'opposition. N'étant pas totalement folle, j'avais intérêt à voter pour cette dernière. Non seulement parce que sinon je me faisais renier de la famille (lol), mais également parce que le conseil municipal en place depuis de nombreuses années fait un peu n'importe quoi. Aucune initiative vraiment intéressante n'a été prise depuis des années concernant les jeunes.
Dans les petits villages, ce que je n'aime pas, c'est vraiment l'hypocrisie qui règne en maître. Un simple exemple : aux dernières élections présidentielles, le FN a fait encore une fois un score impressionnant dans le village. Pourtant, en présence de personnes d'origine étrangère, personne n'aura de comportement qui laisse soupçonner qu'il soit raciste. Par contre, en privé, c'est le festival des blagues bien grasses sur les "bronzés" et de propos inadmissibles.
L'immobilisme, l'hypocrisie et un racisme qui ne dit pas son nom, autant de raisons qui ont poussé mon père et d'autres citoyens du village à former une liste d'opposition pour faire bouger les choses...à raison, puisqu'ils ont été élus à une majorité "raisonnable", ni trop juste, ni excessive. Les quinze personnes de la liste forment maintenant le conseil municipal, un fait remarquable puisque dans les villages, le "panachage" autorise les électeurs à "arranger" leurs listes comment ils veulent du moment qu'il votent pour 15 personnes. Un système qui a peut-être des bénéfices mais dont j'ai surtout vu les inconvénients, notamment les personnes qui votent pour tous les membres d'une liste sauf une personne d'origine algérienne (encore une fois ce racisme "tacite") ou encore le fait que le dépouillement prenne un temps fou. Il a commencé à 18h30 et s'est fini à 00h30, pour seulement environ 400 bulletins à dépouiller !
Concernant Metz, Inspecteur Derrick Crapaud Man Jean-Marie Rausch s'est pris une claque par le PS puisqu'il a obtenu 24% des votes contre 34% pour la liste PS menée par Dominique Gros et dont fait partie notamment Richard Lioger, le président de l'université. Fin du suspense dimanche prochain en croisant les doigts bien fort pour qu'on soit enfin débarassés de Rausch, maire méprisant au possible (et qui ne fait rien pour les étudiants ni pour l'écologie, contrairement à ce qu'affiche son programme) en place depuis les années 70.
09 septembre 2007
Guy Môquet, symbole du patriotisme ambiant ?
On parle beaucoup en ce moment de la décision de notre cher camembert (Président, camembert, camembert, Président...) en chef de faire lire la lettre de Guy Môquet à ses parents dans tous les lycées de France, le 22 octobre, jour de sa mort.
Autant vous l'avouer de suite, avant la campagne présidentielle, je n'avais jamais entendu parler de lui.
J'ai du mal à comprendre cet "ordre" sorti de nul part, cette folie ambiante autour de ce jeune homme mort il y a 60 ans. A quoi cela rime-t-il, un 22 octobre, alors que les secondes seront certainement en plein milieu de la démocratie athénienne, ou les premières L en train d'aborder la guerre froide, de faire un gigantesque saut dans l'histoire, le temps d'une journée, pour un coup de pub ?
Car oui, je pense que c'est un gros coup de pub. Sincèrement, vous pensez que l'on retiendra quoi, de ce 22 octobre : le sacrifice de ce pauvre Guy Môquet ou l'hommage vibrant rendu à celui-ci par notre solennel camembert en chef qui se la joue prof d'histoire le temps d'une journée ?
Et les lycéens, que retiendront-ils de cette affaire ? Et ces pauvres profs d'histoire, qui, je l'imagine vont bien devoir modifier un peu leur planning pour plaire au camembert ?
Devoir de mémoire exclu, qu'est-ce que cette lettre peut apprendre aux lycéens ? La notion de sacrifice est, si je ne m'abuse, assez difficile à comprendre, c'est pas en lisant Harry Potter qu'on peut comprendre un tel acte, et je ne sais pas si lire une lettre, sortie de tout contexte, datant d'il y a 60 ans, écrite dans une période dont nous, jeunes d'aujourd'hui, ne pouvons comprendre grand chose, sera inculquer quoique ce soit aux jeunes.
On ne sait rien de Guy Môquet, on ne connait pas sa vie, on voit juste une lettre, qui, je me repète mais, sortie de son contexte ne veut rien dire du tout (honnêtement, je l'ai lue, et ça ne m'a vraiment pas ému, ça ne m'a strictement rien fait).
Alors pourquoi notre camembert insiste-t-il tant ? Pourquoi, après 60 ans d'oubli, exhume t-on ce pauvre Guy Môquet en héros ? Mais des héros, y en a partout, y en a des tonnes, de cette époque.
Si j'avais envie, je pourrais très bien décider d'écrire un livre sur mon grand-père qui a fait la guerre du côté des allemands et qui aurait parait-il tirer sur son supérieur sans le faire exprès. Si j'avais envie, je pourrais très bien raconter l'histoire de ma grand-mère qui s'est cachée pendant trois mois dans sa cave avec toute sa famille, qui a vu sa grand mère mourir dans cette même cave (d'ailleurs je ne me suis pas gênée pour raconter cette histoire dans mon TPE, mais ça, c'est une autre histoire). Ca, ce sont des choses qui ont un sens pour moi, parce que j'ai ma grand-mère devant moi pour me raconter tout ça, pour rendre tout cela vivant.
Comment de simples mots écrit par un inconnu peuvent-ils émouvoir quelqu'un ?
J'ai du mal à comprendre cette "Guy Môquet mania" et j'en conclue donc que c'est un sacré coup de pub pour Sarkozy. On lui jettera des fleurs ce 22 octobre pour avoir su faire revivre un jeune homme courageux. Jettera-t-on pour autant des fleurs à tous ces héros anonymes ? J'en doute.
(J'ai même du mal à percevoir en quoi Guy Môquet fut un héros. Dans ses actes de résistance, certes, mais finalement, on souligne sa mort comme un acte courageux. Je ne comprends pas. Il a pas vraiment eu le choix quand lui a foutu un fusil sous le menton, non ?)


